Du 14 au 22 janvier
5e Biennale de quatuors à cordes

Au programme de cette cinquième édition : une intégrale Wolfgang Rihm ; de jeunes lauréats côtoyant des quatuors historiques ; des formations portées par de grands solistes.

Schubert, Brahms et Beethoven par le Quatuor Ysaÿe
enregistré à la Cité de la Musique le 17 janvier 2010

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La journée du 21 janvier sera consacrée à la diffusion en direct des concerts du jour sur citedelamusiquelive.tv

Assister aux concerts :

Affiche Biennale de Quatuors à cordes

La magie du quatuor

Depuis le XVIIIe siècle, l’écriture de quatuors est un exercice auquel les plus grands compositeurs se sont essayés avec succès.

Est-ce l’homogénéité des sonorités des cordes, l’alternative des possibilités de fusion et de dissociation qui en découlent, est-ce la force symbolique du chiffre 4, toujours est-il que le quatuor est devenu, dès sa fondation par Haydn dans les années 1760, le genre suprême de musique de chambre. Prestigieux par son répertoire, exigeant pour les compositeurs qui souvent ont donné le meilleur d’eux-mêmes dans leurs quatuors, il s’est révélé aussi bien le mode d’expression privilégiée du moi intime, le sismographe le plus précis des émotions qu’une plateforme expérimentale qui a fait évoluer le langage et les formes. Il en est ainsi des quatuors classiques, ceux de Haydn, Mozart et Beethoven, véritable âge d’or du genre, qui n’ont cessé de servir de modèles aux compositeurs jusqu’à aujourd’hui. Si le quatuor fut moins en adéquation avec l’esprit du romantisme, cela n’empêcha pas Schubert, Mendelssohn, Schumann ou Brahms de lui consacrer des chefs-d’oeuvre de premier plan. Les écoles nationales induiront un regain de faveur pour le genre, notamment en tchécoslovaquie avec Smetana ou Dvorák et en Russie avec Borodine ou Tchaïkovski. Mais le XXe siècle donnera lieu à une véritable explosion de la création de quatuors, et ce dans des directions esthétiques les plus diverses. Le quatuor occupera une place de premier ordre dans le renouveau de la musique de chambre en France (Franck, Debussy, Ravel, etc.) ainsi que dans l’essor de la modernité viennoise (Schönberg, Berg, Webern). Et sans citer les belles et nombreuses contributions que dominent, du moins par leur nombre, les cycles de Milhaud et de Villa-Lobos, les six quatuors de Bartók constituent le massif le plus important depuis les seize chefs-d’oeuvre de Beethoven et la Grande Fugue.
Bernard Fournier


Affiche Biennale de Quatuors à cordes

Le club des quatre

Il est des quatuors qui séduisent un temps et d’autres qui marquent plusieurs générations de leur empreinte. Seuls les seconds passent à la postérité. Ce fut le cas pour les Capet, les Budapest, les Busch ou encore pour les Amadeus. Des générations de quatuors à cordes, héritiers de leur savoir, ont transmis leur excellence et le style de leur pensée, forgeant pas à pas les traditions d’interprétation. Certains ont régné presque sans partage tant leur suprématie sur leurs contemporains était évidente, tandis que d’autres se sont assuré patiemment une place au panthéon. Mais tous l’ont gagnée par leur immense travail. Certains comme les Amadeus ont vécu une aventure d’un seul tenant sans qu’aucun membre ne soit jamais remplacé (ils sont exceptionnels), d’autres beaucoup plus nombreux ont vécu des déchirures mettant à chaque fois en péril leur identité en les obligeant à rebâtir ce qui semblait définitivement établi. (Lire la suite dans Cité Musique n°68 en PDF)


Affiche Biennale de Quatuors à cordes
Wolfgang Rihm

“Un héritier à forte tête”

Entretien avec le compositeur allemand Wolfgang Rihm, dont l’intégrale des quatuors à cordes est présentée dans le cadre de la Cinquième Biennale.

CITÉ MUSIQUES : Dans quel état d’esprit avez-vous abordé le genre du quatuor à cordes au début des années 1970 ?
WOLFGANG RIHM : J’étais jeune et j’aimais les possibilités dialectiques qu’offre le quatuor à cordes. Polyphonie, intimité, sauvagerie, dessin, dialogue, couleurs, surfaces – l’« état d’esprit » d’un compositeur est probablement toujours stimulé par des jeux, des désirs et en même temps par le pragmatisme.

Quelle est votre conception de la « musique pure » et quelle est sa traduction dans le genre du quatuor ?
De la « musique pure » comme forme idéale d’une réalité se sentant « impure » – voilà quelque chose qui ne m’a jamais rien dit, je n’ai jamais recherché la « pureté ». Peut-être parce que je m’approuve moi-même. (lire la suite dans Cité Musique n°68 en PDF)


Affiche Biennale de Quatuors à cordes
Jeunes Quatuors - 14 et 15 janvier

La relève

Il n’est pas une année qui ne voit émerger de nouveaux quatuors à cordes, témoignage indiscutable de l’attrait que suscite, génération après génération, l’inépuisable richesse du répertoire. Pour cette Cinquième Biennale, nombreux sont les nouveaux venus, dont certains mènent déjà une enviable carrière. Le Quatuor Modigliani, déjà reconnu comme une « rising star » (étoile montante) par l’Organisation européenne des salles de concert dont la Cité de la musique est membre, est l’un deux, leurs enregistrements récents de Haydn, Mendelssohn ou Brahms ayant reçu d’élogieuses critiques partout en Europe. Les Quatuors Thymos et Voce, autres talentueuses formations françaises, le Quatuor Zemlinsky, de tradition tchèque vainqueur du concours de Bordeaux en 2010, et le très jeune Quatuor grec Tetraktys (fondé en 2008) connaissent également une ascension fulgurante. Chacun cherche et trouve une identité par le style, par les timbres ou par le répertoire, mais tous n’ont qu’un seul but : devenir les héritiers de leurs illustres aînés et transmettre la beauté. Autant de destinées qui rassurent sur l’avenir du genre, sur la pérennité des traditions et sur le renouvellement des esthétiques.
Jean-Michel Molkhou / photo : Quatuor Zemlinsky © Thomas Bican

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