Il faut les voir, car la formation n’est pas courante : Joshua Redman est là, au milieu, entouré en stéréophonie de deux contrebassistes et de deux batteurs. Une section rythmique à droite et une autre à gauche, avec des contrastes ou au contraire de beaux unissons entre elles. Telle est la formule que le saxophoniste a expérimentée sur l’album Compass (Nonesuch, 2009), lui-même conçu comme une poursuite et une extension de son précédent retour au trio avec Back East (Nonesuch, 2007), où il s’inspirait des explorations de Sonny Rollins dans Way Out West un demi-siècle plus tôt.
Joshua Redman raconte qu’il a hésité : « Ces basses et batteries pouvaient finir par sonner flou, maladroit, sans direction ni définition. Mais mon imagination continuait à me reporter vers cette idée et j’ai décidé que ça valait la peine d’essayer. » Il avait bien raison.