Entre la sonate baroque, telle que Bach l’a exemplairement illustrée, et les oeuvres de musique de chambre de Kurtág, il y a de multiples échos. On entend parfois des gestes qui se ressemblent étrangement, par-delà les siècles : ainsi, à travers l’alliance du piano et des cordes assourdies dans Varga Bálint Ligaturája, la solennité du choral revêt une bouleversante couleur spectrale.
Mais ces résonances à distance tiennent aussi à d’autres liens, plus secrets : dans Az hit (1998), Kurtág transcrit pour violoncelle seul un passage de ses Dits de Péter Bornemisza, un vaste cycle pour soprano et piano créé en 1968 à Darmstadt. La pureté de cette mélodie qui peint la foi (« la foi n’est pas un rêve mais une créature vivante ») n’est pas sans rappeler les Passions de Bach.