Dans ses Mémoires, Berlioz notait non sans humour que, à Leipzig, « il n’y a pas d’autre Dieu que Bach, et Mendelssohn est son prophète ». Quant à Wagner, il dira avec aigreur : « C’est précisément notre vieux maître Bach que [Mendelssohn] s’est choisi comme modèle à imiter pour son langage moderne incapable d’expression ».
Ses contemporains le savaient : Mendelssohn fut l’un des principaux acteurs de la redécouverte du cantor de Leipzig au XIXe siècle. Ses propres psaumes liturgiques, écrits pour la cathédrale de Berlin en 1843-1844, sont parfois imprégnés d’une austère simplicité qui n’est pas sans évoquer Palestrina, tout en jouant également des effets d’écho que permet le double choeur. Comme le faisait Bach lui-même dans ses motets allemands, en exploitant lui aussi avec bonheur les ressources de l’antiphonie – ce que relèvera Bruno Mantovani dans sa Cantate, elle aussi écrite en hommage à J. S. Bach.
Ce concert sera retransmis sur France Musique, le 16 novembre 2012, à 20h.