Rencontrer Laurie Anderson, c’est rencontrer un morceau d’histoire : elle a côtoyé toute l’avant-garde américaine, de William Burroughs à Bob Wilson en passant par Lou Reed, Philip Glass ou Trisha Brown. Et c’est aussi rencontrer une foule d’inventions qui ont jalonné l’évolution de l’art de la performance. Des inventions techniques, d’abord, comme le violon qu’elle a créé en 1977 en utilisant une bande magnétique en guise d’archet et une tête de lecture en guise de chevalet. Des personnages inventés, ensuite, comme ses doubles et autres réincarnations, à commencer par son alter ego vocal obtenu par manipulations et filtrages. Des histoires, enfin, dont on ne sait jamais si elle les invente ou non, car ce sont chaque fois de nouvelles manières de raconter notre monde en combinant images, textes et sons, comme lorsqu’elle revisite les classiques de la littérature américaine (Songs and Stories From Moby Dick en 1999) ou lorsqu’elle chante et dit les États-Unis (United States Live en 1984, Homeland en 2010).