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En même temps qu'elle institua le Conservatoire National de Musique en 1795, la Convention décida de lui adjoindre une collection « d'instruments antiques ou étrangers, et de ceux à nos usages qui peuvent par leur perfection servir de modèle ». Si cette mission patrimoniale figure bien parmi les objectifs des fondateurs de l’établissement, les besoins de l'enseignement musical passèrent au premier plan, au détriment de la mission de conservation. De la collection d'origine, ne subsiste aujourd'hui qu'une douzaine de pièces (violons, altos, violoncelles et cors) toutes très endommagées.
Il faut attendre 1861 pour que le Musée instrumental ouvre enfin au public, avec l'achat par l'Etat de la collection du compositeur Louis Clapisson. De grandes donations viendront aussitôt enrichir les collections, notamment celles de Victor Schoelcher en 1872, du raja Sourindo Tagore en 1879, de Paul Cesbron en 1934. Plus récemment, le Musée a acquis et reçu en dation la collection de Geneviève Thibaut de Chambure, illustre conservateur de ce Musée de 1961 à 1973.
En 1978, à l’occasion du projet de création de la Cité de la musique, fut décidé le transfert des collections du Conservatoire National vers l’Etat, ce qui donna naissance au Musée de la musique, qui a ouvert ses portes en 1997. Un véritable projet muséographique innovateur, repris depuis lors par d’autres musées d’instruments de musique, a été mis en place, sous l’impulsion notamment d’Henri Loyrette. Dépassant le cadre d’un Musée strictement instrumental, le Musée de la musique s’est ouvert à toutes les facettes de la vie musicale, par l’intégration d’iconographie, de maquettes de lieux de concerts et de documents audiovisuels. Le parcours sonore, mis en place en 1997 et complété depuis lors, a permis au visiteur de découvrir bon nombre d’enregistrements des œuvres de la collection.
Le Musée de la musique est classé Musée de France.
A la suite de ces différentes acquisitions (par achat, dons ou legs), le Musée de la musique a constitué une collection majeure de près de 6 000 objets (dont 4 000 instruments) qui figure parmi les plus importantes dans le monde. Les chefs-d’œuvre et instruments particulièrement rares se retrouvent parmi :
Deux instruments classés par l’Etat comme Trésor National ont récemment rejoint les collections du Musée, à savoir le clavecin de Ioannes Couchet (1652) et celui d’Antoine Vater (1732), acquis grâce à l’aide du Fonds du Patrimoine. Une guitare John D’Angelico, ayant appartenu à Jacques Liébrard, accompagnateur attitré d’Edith Piaf, Yves Montand, Barbara, Juliette Gréco, et acquise en 2007, complète l’importante collection de guitares du XXe siècle, dont font partie, dans des registres divers, la guitare de Django Reinhardt et les célèbres guitares Bouchet du duo Presti-Lagoya.
Le développement de la collection se poursuit notamment grâce au soutien des donateurs. Pour plus de renseignements sur les donations et le mécénat.
Contact : scook@cite-musique.fr
Accéder à l'espace mécénat
La première dation à caractère musical acceptée par l’Etat en paiement de droits de succession concernait une partie des collections de Geneviève Thibault de Chambure (1902-1975), musicologue renommée et ancienne directrice du Musée instrumental du CNSMDP, devenu depuis Musée de la musique à la cité de la musique. C’est un ensemble de plusieurs centaines de partitions, dont de nombreux imprimés, certains uniques, et manuscrit du XVe au XVIIIe siècle et près de quatre vingt instruments de musique qui entrèrent dans les collections nationales en 1980, pour partie au département de la musique de la BNF et au Musée de la musique pour ce qui concernait les instruments. Ces derniers, par leur rareté et leur beauté forcent aujourd’hui l’admiration : signalons en particulier un ensemble de clavecins flamands et français, tous de facteurs réputés comme Hans Ruckers (école flamande, fin du XVIe siècle), Gilbert Desruisseaux ou Joseph Colesse (école lyonnaise, XVIIe et XVIIIe siècles), un prestigieux ensemble de flûtes à bec de la célèbre dynastie des Hotteterre, de rares cornets à bouquin d’origine italienne ainsi qu’une collection exemplaire de lutherie dite « Vieux Paris » regroupant instruments à cordes frottées et pincées des XVIIe et XVIIIe siècles.
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