Collections permanentes


Plan et parcours des collections

La collection permanente du Musée est répartie sur plus de 2 000 m2 et présente près de 1 000 œuvres (instruments, tableaux, sculptures et mobilier), dans une perspective éclairant leur contexte social et esthétique. Après un espace introductif décrivant comment la musique est présente dans toutes les cultures du monde et ce, depuis l’origine de l’humanité, le parcours démarre au XVIIe siècle en Europe, car la collection est particulièrement riche à partir de cette période.
Cinq chapitres ont été définis pour illustrer les principaux moments de notre histoire de la musique. Les instruments y sont présentés en relation avec le répertoire, les compositeurs et les lieux dans lesquels la musique était jouée. En parallèle, des vitrines, consacrées à des familles d’instruments ou à des facteurs, retracent les histoires prestigieuses, comme celles des Sellas, Stradivari ou Sax. Ce parcours historique est complété par une présentation des musiques du monde organisée selon les aires géographiques.

Le XVIIe siècle : la naissance de l’opéra

Musée de la musique © Nicolas Borel

Si l'espace introductif montre que la musique est présente dans toutes les cultures du monde, le parcours propose ensuite une traversée chronologique de la musique occidentale, qui débute à l'âge baroque.

L'Italie, d'abord, avec la maquette de la salle du palais de Mantoue où fut représenté en 1607 L'Orfeo de Monteverdi, ainsi qu'une collection d'instruments témoins des pratiques musicales de l'époque : claviers, cornets à bouquin, cistres et luths.

L'évocation du château de Versailles illustre le temps de Louis XIV, entre tragédies, défi lés militaires et rituels de la chasse. Les pratiques musicales de l'intimité sont représentées par une importante collection de guitares baroques, de violes de gambe et de clavecins fl amands et français.

Le XVIIIe siècle : la musique des Lumières

Musée de la musique © Nicolas Borel

En France, la musique quitte peu à peu la cour. L'Opéra, principale institution musicale, devient le siège de querelles esthétiques tandis que les salons des aristocrates et bourgeois cultivés favorisent l'essor de la musique instrumentale. L'on y joue du clavecin, de la harpe…

Mais l'époque est également marquée par une vision idéalisée de la nature, faisant naître une vogue des musiques pastorales, recourant aux musettes et aux vielles à roue.

L'évolution du goût musical vers une plus grande expressivité favorise l'apparition d'un nouvel instrument, le piano-forte, tandis que la pratique des concerts publics se répand, dont ceux du Concert spirituel qui accueilleront de nombreux musiciens étrangers.

Le XIXe siècle : l’Europe romantique

Musée de la musique © Nicolas Borel

Le langage musical du XIXe siècle témoigne d'un goût marqué pour l'expression des sentiments. Le jeu du soliste, à travers notamment les violons de Stradivari, et l'essor de l'orchestre symphonique constituent les deux pôles de la musique instrumentale de cette période. Liszt et Chopin, dont le Musée possède certains pianos Érard et Pleyel, incarnent la fi gure du musicien romantique, virtuose et passionné.

Motivés par les besoins croissants en termes de timbres et de puissance des orchestres, notamment ceux de Berlioz et de Wagner, de nouveaux instruments voient le jour : l'octobasse, le saxophone, le tuba wagnérien...

Le XXe siècle : l’accélération de l’histoire

Musée de la musique © Nicolas Borel

Ionisation d'Edgard Varèse illustre combien la percussion ouvre un champ sonore inédit. Mais l'apparition de l'électricité permet aussi l'invention de nouveaux instruments, notamment par Theremin, Martenot ou Hammond.

Le bouleversement technologique des outils analogiques puis numériques est représenté au Musée par le synthétiseur modulaire de Frank Zappa, la machine Upic de Xenakis ou l'ordinateur 4X développé par l'Ircam.

Tous les genres musicaux sont affectés, y compris la chanson, le rock et le jazz (présentés ici de manière succincte jusqu'à l'ouverture d'un nouvel espace dédié). Le public est invité à découvrir des objets mythiques comme les guitares de Django Reinhardt et de Jacques Brel.

Les musiques du monde

Musée de la musique © Nicolas Borel

Comme en Occident, la diversité des traditions musicales qui se sont développées à travers le monde résulte d'une histoire faite de rencontres, de convergences et d'emprunts. Transmises le plus souvent oralement, ces traditions préservent un héritage musical qui joue un rôle majeur dans l'organisation sociale et religieuse de leurs communautés.

Organisée en cinq aires distinctes (monde arabe, Asie, Afrique, Océanie et cultures amérindiennes), la présentation des instruments est enrichie d'extraits audiovisuels qui permettent au visiteur d'appréhender les spécifi cités culturelles de certaines traditions dans leur contexte ou de découvrir de très rares instruments et des répertoires aujourd'hui en voie de disparition.

Le Musée prévoit l’ouverture prochaine d’un espace dédié aux musiques populaires du XXe siècle, qui couvrira un champ aussi vaste que la chanson, le rock et le jazz. Une petite section préfigure cet espace et présente quelques pièces emblématiques de la collection, notamment des guitares ayant appartenu à Jacques Brel ou à Georges Brassens.

 

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