| 2 | L'AIRE CULTURELLE |
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| Instrument collectif | Gamelan "au sens large" | |
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| Instrument collectif | Gamelan "au sens restreint" | |
L'étude du gamelan "au sens restreint" invite à voyager dans la structure et l'histoire musicales, de la forme "colotomique" pure à son élaboration mélodique, des premiers carillons sacrés aux gamelan les plus répandus actuellement. |
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Dans les musiques des gamelan "au sens restreint", une conception cyclique et pyramidale est mise en oeuvre. Catégorie des gamelan à gong (au sens indonésien du terme), à timbres secondaires et à strates de tessitures. La forme déterminée par la formule "colotomique" influe sur le traitement du temps, dans son déroulement, mais aussi dans l'épaisseur, c'est-à-dire dans les diverses strates instrumentales. La colotomy/colotomie marque, par la sonnerie de timbres, certaines subdivisions binaires du temps mesuré, circonscrit dans le cycle de gong à gong. Cycle; gong comme fonction; forme et pièces musicales; système binaire et entités impaires dotées d'un centre; motif des "crapauds"... |
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Selon la conception hindou-javanaise, l'univers est fortement ordonné, selon des principes (majoritairement concentriques) communs aux notions abstraites et aux aspects matériels. De ce fait, toutes les sciences sont reliées entre elles, sans distinction entre sciences exactes et humaines. Leurs applications dans des domaines divers entretiennent beaucoup d'analogies. Les conceptions formelles de la musique de gamelan (au sens restreint) participent de toutes les sciences, que les initiés (lettrés) maîtrisent globalement. Sources de pouvoirs potentiellement dangereux, ces savoirs devaient rester aux mains de l'élite. Du microcosme au macrocosme, de la vibration sonore à l'environnement cosmique, en passant par l'architecture et l'organisation sociale... L'identité de structure entre toutes les dimensions et tous les éléments de l'univers permet d'envisager leurs interactions, qu'elles soient naturelles ou produites par l'homme, volontairement ou non. Le système de correspondances entre les éléments (couleurs, points cardinaux, sons, etc...) donne naissance aux symboles utilisés pour tenter de maîtriser magiquement le monde. Suite à un changement de contexte socio-religieux, une conception de l'univers et de la vie très différente de celle des royaumes concentriques a modifié la vision et l'écoute de la musique. |
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Gong est un concept très riche et porteur de connotations extra-musicales. Plusieurs analogies apparaissent entre des instruments tels que gongs et cloches, en Europe et en Asie extrême orientale. Supériorité du grand grave sur le petit aigu. Faisceau de significations autour mot gong. ... du gong au gamelan, comme de la cloche (ou plutôt du bourdon) aux carillons. ... de certains objets en bronze, dont les gong, considérés comme porteurs de pouvoirs surnaturels. |
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La fonction du gong comme centre-sommet de l'ensemble est relayée par d'autres pivots dans les strates instrumentales. Ainsi est construite une symétrie concentrique, présente dans de très nombreux domaines extra-musicaux. Concentration méditative, concentration et rayonnement du pouvoir. Axes de l'univers, du royaume et de la musique. Symbolisme de la forme des instruments à bosse centrale et de leur suspension. Concentricité et quintessence. Forme générale de la géométrie musicale : arbre-montagne, charpente concentrique, cadran solaire, rose des vents, mandala... Des symétries autour de pivots sont créées dans la ligne mélodique et également entre les strates instrumentales. |
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Sont présentées ici (avec le renfort de notations concentriques, d'enregistrements multipistes et du gamelan mécanique) plusieurs formes musicales de Bali, Java et Sunda, des plus dépouillées aux plus complexes, depuis les formes répétitives à cycle court jusqu'à l'expansion extrême d'un seul cycle. Les musiques sacrées des plus anciens gamelan (carillons de gongs) sont totalement symétriques, circulaires et répétitives. A chaque note, comme à chaque timbre de la colotomie, est accordée une subdivision du cycle (position de pivot). Une mélodie plus élaborée apparaît, en parcours giratoire autour de la structure colotomique. Dans certains cas, le principe de positionnement des notes dans le cycle est encore observé et des symétries mélodiques perdurent. La colotomie étant invariante, la multiplication (ou la division) binaire de la fréquence de frappe de certaines strates mélodiques permet d'étendre (ou de contracter) le cycle et de modifier la densité de la texture musicale. Au contraire de la contraction, l'expansion atténue la perception de la colotomie et de son effet giratoire. La mélodie passe au premier plan. |
| C | CONCLUSION - TRANSITION |
| _ | La contraction pratiquée dans les musiques rituelles conduit à figer le temps en un point de forte gravitation. A l'inverse, la musique de concert javanaise introduit dans l'expansion la possibilité d'une certaine autonomie des parties mélodiques, avec, dans certain cas, l'ajout d'instruments individuels dits "doux". Les mélodies ne sont pas nécessairement circulaires, même si elles sont répétées aux retours du gong. |
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| Instruments individuels | |
Avec des moyens d'expression autres que ceux de l'instrument collectif, la musique se rapproche du langage : elle est plus discursive et moins géométrique. Ce langage musical, qui cherche à décrire et à classifier la diversité, s'avère plus proche de celui des musiques occidentales. |
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Les répertoires musicaux liés à la poésie et à la littérature épique côtoient partout ceux des gamelan et s'y mêlent souvent sur l'île de Java. Les récits sont transmis par de multiples médias visuels et sonores. Les formes poétiques sont asymétriques, linéaires et additives. Ces caractéristiques apparaissent dans les instrument collectifs, dont les gamelan "au sens restreint", quand des mélodies venues du chant poétique y sont intégrées. |
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Divers instruments individuels (dont la voix) sont réunis en un "groupe de solistes" qui se joint à l'instrument collectif/gamelan dans certains répertoires. La marge d'improvisation qui leur est allouée produit un contraste avec la fixité des parties instrumentales du gamelan et fait de toute exécution musicale une nouvelle création. Les instruments individuels, dits "doux", ont les mêmes qualités -- grand ambitus, souplesse mélodique et rythmique -- que la voix, à laquelle ils sont souvent associés, sur un pied d'égalité. Dans certains cas, une métrique et /ou une direction rythmique, assurés par des instruments à percussion, s'ajoutent aux parties mélodiques. Les aventures du prince hindou-javanais Panji sont associées au gong secondaire kempur, à certains instruments de musique et aux modes de l'échelle pélog heptatonique. |
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L'esthétique du wayang, appliquée à de nombreux modes de narration, est particulièrement complexe et hautement symbolique. Dans ses formes scéniques, elle est associée à une expression musicale savante qui a fortement influencé les répertoires de concert des gamelan de Java. Toutes les créatures visibles et invisibles et toutes les dimensions d'interprétation de la littérature sont présentes dans le théâtre d'ombres Wayang Kulit. La marionnette de l'arbre-montagne et le gong semblent former une dualité. A l'origine, le wayang est associé à l'échelle mélodique sléndro et accompagné par seulement quelques instruments. Sur l'île de Java, dans les musiques de scène et de concert, instrument collectif et instruments individuels sont mêlés pour former les grands gamelan. |
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CONCLUSION |
Évolutions divergentes à Bali et Java |
A la conception d'un temps tournant sur lui même qui garantit le statu-quo et la stabilité des structures (tant humainement créées que propres à l'univers), se substitue graduellement celle d'un temps tendant constamment vers sa fin et d'un progrès nécessaire de l'humanité. . |
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VERSION TÉLÉCHARGEABLE - DISPONIBLE BIENTOT |
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