Paul Klee Poliphonies
EN
  • Accueil
  • Exposition
  • Visites de l'exposition
  • Jeune public
  • Autour de l'exposition
  • Le catalogue
  • Presse
  • Partenaires
  • Accessibilité
  • Introduction
  • 1899
  • 1902
  • 1907
  • 1911
  • 1912
  • 1914
  • 1916
  • 1919
  • 1921
  • 1923
  • 1925
  • 1928
  • 1931
  • 1933
  • 1937
  • 1940
  • > Agrandir l'image

    L'exposition

    Paul Klee Polyphonies

    Ainsi que le relevaient déjà ses contemporains, la musique traverse l'oeuvre de Paul Klee à plus d'un titre. Elle se présente comme l'un des modèles possibles pour la peinture, aux côtés de la poésie et des arts de la scène. Né dans une famille de musiciens, Klee se forme dès la première heure à la pratique du violon et l'entretient sa vie durant. Seul, en duo avec son épouse la pianiste Lily Stumpf ou en quatuor, il interprète de préférence les compositeurs de son panthéon privé : Bach, Mozart, Beethoven, Brahms. Une culture musicale exigeante ressort de ses écrits, touchant à la musique instrumentale autant qu'à l'opéra, au répertoire comme aux compositeurs contemporains qui, de Schönberg à Stravinski, de Bartók à Hindemith, font l'histoire de la modernité. De sa prédilection pour l'«Âge d'or » que représentent à ses yeux l'art polyphonique de Bach et l'opéra de Mozart, Paul Klee a tiré un idéal esthétique. Celui-ci forme l'aiguillon d'une recherche incessante, dans la forme, le style, la technique et le sujet de la peinture. Toute la singularité de l'oeuvre se révèle dès lors dans la pluralité et l'étendue de ses registres, où figuration et abstraction trouvent une égale légitimité. Inspirée par l'idée de polyphonie, elle aspire à une totalité travaillée, construite, à la fois multiple et organisée.
    Commissaire : Marcella Lista

  • > Agrandir l'image

    1898-1910

    De musique en peinture

    Formé dès son plus jeune âge à la musique classique, Paul Klee développe très tôt un jugement pointu en matière d'interprétation. Parallèlement à sa propre pratique de violoniste, il commente la vie musicale de son temps dans son journal, sa correspondance, et parfois dans des recensions de concerts. Son aspiration à la carrière de peintre le conduit cependant à Munich en 1898. Il entre à l'Académie chez le peintre symboliste Franz von Stuck. Foyer du mouvement Jugendstil, Munich est le lieu d'une innovante recherche graphique, s'épanouissant dans l'illustration et la caricature. Klee entreprend une série de gravures à l'eau-forte, sous le titre, inspiré par Jean-Sébastien Bach, d'Inventions. Ces miniatures – onze entre 1902 et 1905 – sont guidées par l'étude de Dürer, Goya, Daumier. Elles livrent une méditation satirique sur l'idéal artistique et sa disposition à l'échec. « J'ai conçu l'idée audacieuse de tenter une satire dans le grand style », écrit-il à Lily Stumpf. L'artiste évoque là une proximité du comique et du tragique qui deviendra l'un des traits récurrents de son oeuvre.

  • > Voir le diaporama

    1899

    Il fait la connaissance de Lily Stumpf, pianiste, qu'il épousera en 1906. Il pratique la musique de chambre dans les formations les plus diverses, du duo au quintette. Sa recherche se développe particulièrement dans le domaine graphique, avec l'ambition de renouveler l'art de l'illustration.

  • > Agrandir l'image

    1902

    Klee effectue un long voyage en Italie avant de retourner à Berne. Il gagne sa vie comme violoniste dans l'orchestre de la Société musicale de Berne, et écrit des recensions musicales pour la revue Berner Fremdenblatt.

  • > Agrandir l'image

    1907

    Le couple Klee s'installe de nouveau à Munich, où naît leur fils Félix.

  • > Agrandir l'image

    1911-1915

    Munich-Paris :
    expressionnisme et couleur

    À l'automne 1911 à Munich, Klee entre en contact avec le groupe du Blaue Reiter, constitué par Vassily Kandinsky et Franz Marc, et participe à leurs expositions collectives. Avec eux, il fréquente notamment l'oeuvre d'Arnold Schönberg. Le Blaue Reiter défend, d'un côté, un travail sur la couleur pure allant jusqu'à l'abstraction, et de l'autre, le projet d'un nouveau dialogue des arts, où la musique constitue un modèle majeur. Dans ce contexte, Klee découvre les oeuvres de Robert Delaunay, auquel il rend visite à Paris dès avril 1912. Il identifie alors dans l'usage « constructif » de la couleur, à l'oeuvre dans la série des Fenêtres, les prémisses d'un parallèle entre la peinture et la musique polyphonique. Son voyage en Tunisie avec August Macke et Louis Moilliet, au printemps 1914, donne lieu à un investissement décisif de la couleur dans sa propre peinture. «Art – nature – moi. […] Je me suis attaqué à une synthèse de l'architecture de la cité et de l'architecture du tableau », écrit-il dans son Journal, avant d'affirmer : « La couleur me possède. Point n'est besoin de chercher à la saisir. Elle me possède, je le sais. […] la couleur et moi sommes un : je suis peintre. »

  • > Voir le diaporama

    1911

    Grâce à son ami le peintre Louis Moilliet, Klee se lie avec Alfred Kubin, Vassily Kandinsky, Franz Marc et les autres artistes du groupe munichois du Blaue Reiter (Le Cavalier bleu). Il entreprend un catalogue systématique de ses œuvres.

  • > Agrandir l'image

    1912

    Lors de son deuxième voyage à Paris, au printemps, Klee rend visite à Robert Delaunay, avant de publier une critique enthousiaste de sa série des Fenêtres (1912) durant l'été, dans la revue Die Alpen. À l'automne, il assiste à un concert du Pierrot lunaire de Schönberg à Munich, également recensée dans Die Alpen.

  • > Voir le diaporama

    1914

    Du 3 au 25 avril, Klee voyage en Tunisie avec Louis Moilliet et August Macke. Il s'exerce à l'aquarelle sur le motif. Les vives impressions lumineuses et colorées qu'il recueille sont l'objet d'un travail approfondi, jusqu'en 1915, où l'artiste se consacre à la "construction" de l'espace pictural.

  • > Agrandir l'image

    1916-1920

    « Un point d'origine
    de la Création »

    Mobilisé sur le front allemand en 1916, après avoir perdu ses amis proches August Macke et Franz Marc, Klee s'engage dans une période de recherche picturale intensive, tant sur le plan technique et formel que sur celui de l'iconographie. L'artiste développe le collage, l'assemblage et l'usage de matériaux texturés, tactiles, tels que la colle d'amidon, la gaze, le plâtre. Dans son Journal, il précise le lien essentiel, désormais, entre nature et abstraction : « J'occupe un point reculé, originel de la création, à partir duquel je présuppose des formules propres à l'homme, à l'animal, au végétal, au minéral et aux éléments, à l'ensemble des forces cycliques. » Son oeuvre connaît une réception significative dans le cercle Dada de Zurich, où il est invité à exposer par Hans Arp, Hugo Ball et Tristan Tzara. Son intérêt pour la poésie, qui passe par la collection de poèmes chinois, indiens, et la lecture de publications d'avant-garde (futuristes, orphistes et dadaïstes), le conduit à des expériences proches de celles menées au Cabaret Voltaire, où l'abstraction du langage se veut l'amorce d'une nouvelle universalité.

  • > Voir le diaporama

    1916

    De nationalité allemande par son père, Klee est mobilisé sur le front à Landshut, Schleissheim et Gersthofen, préposé à des tâches essentiellement administratives, jusqu'en février 1919. Il poursuit son activité picturale avec de nouvelles recherches, où le langage poétique et la technique du collage prennent une part innovante.

  • > Voir le diaporama

    1919

    Il retourne à Munich puis voyage en Suisse. À Zurich, il fait la connaissance du compositeur Ferruccio Busoni et fréquente le cercle Dada par l'intermédiaire de Hans Arp.

  • > Agrandir l'image

    1921-1929

    Weimar, Dessau : musique
    et théâtre au Bauhaus

    Au début de l'année 1921, Klee prend son premier poste d'enseignement au Bauhaus de Weimar, institution pionnière dans le développement de recherches artistiques transversales. La musique passe alors au premier plan parmi ses investigations théoriques. L'artiste cherche à transposer dans la peinture les notions propres au langage musical : la polyphonie par le travail de la transparence, notamment à l'aquarelle, l'harmonie par les effets conjugués de couleurs mates posées en grilles souples et aérées, le rythme, enfin, par la scansion régulière de la surface picturale. Parallèlement, sa peinture se peuple de figures d'opéra et de théâtre qui font du tableau un équivalent de la scène. Avec ses collègues de la Bauhausbühne, dirigée par Lothar Schreyer, puis Oskar Schlemmer à partir de 1923, Klee partage un imaginaire fortement inspiré des masques, marionnettes et automates issus, entre autres, des Contes fantastiques d'E.T.A. Hoffmann.

  • > Voir le diaporama

    1921

    Nommé au Bauhaus de Weimar, Klee y enseigne le cours de « composition élémentaire ». Dans ce cadre, l'artiste approfondit l'idée d'une transcription picturale de formes musicales, avec des œuvres telles que Fugue en rouge, 1921, 69, Harmonie de quadrilatères en rouge, jaune, bleu, blanc et noir, 1923, Rythmes d'une plantation, 1925.

  • > Voir le diaporama

    1923

    Durant la « Semaine du Bauhaus », qui accompagne l'exposition annuelle de l'École, la musique contemporaine est à l'honneur, avec la présence de Ferruccio Busoni, Igor Stravinski et Paul Hindemith. Oskar Schlemmer présente son Ballet triadique.

  • > Voir le diaporama

    1925

    Après la fermeture du site de Weimar, le nouveau bâtiment du Bauhaus, conçu par son directeur Walter Gropius, ouvre à Dessau, fin mars. Klee publie, aux éditions du Bauhaus, son Carnet d'esquisses pédagogiques.

  • > Agrandir l'image

    1928

    Klee voyage en Égypte. Il publie dans la revue Bauhaus, un essai théorique « Recherches exactes dans le domaine de l'art ».

  • > Agrandir l'image

    1930-1937

    « Recherches exactes dans
    le domaine de l'art »

    En 1928, Klee publie dans la revue du Bauhaus un texte intitulé « Recherches exactes dans le domaine de l'art ». L'artiste y évoque le projet d'un nouveau système de la peinture, inspiré par ce qu'il considère comme l'« Âge d'or » de la musique : « Ce qui était déjà accompli pour la musique avant la fin du XVIIIe siècle vient enfin de commencer dans le domaine plastique. Mathématique et physique en fournissent la clé sous forme de règles à observer ou dont s'écarter. » À la suite d'un voyage en Egypte, au cours de l'hiver 1928-1929, l'artiste engage une nouvelle réflexion sur l'espace pictural, mêlant plans et perspectives multiples dans un réseau d'aplats colorés. En 1930, il accepte un poste à l'académie de Düsseldorf, où il reste jusqu'à son renvoi en 1933 par le pouvoir nazi. Abordant avec une maîtrise nouvelle le format du tableau de chevalet, il diversifie les transpositions imaginatives des formes musicales en peinture. Les milliers de feuillets qui forment l'imposant corpus de son Legs pédagogique témoignent de l'intense activité spéculative qui guide son oeuvre de maturité.

  • > Voir le diaporama

    1931

    Il quitte le Bauhaus pour un poste de professeur à l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf. Là, il remet en forme son enseignement sous la forme de plusieurs milliers de schémas, restés sous le nom de « Legs pédagogique », où la musique occupe une place significative.

  • > Agrandir l'image

    1933-1940

    Une musique sans auditeurs

    Rentré à Berne en 1933, Klee livre un sombre commentaire du nazisme dans des oeuvres graphiques incisives, où s'expose la dislocation de la figure humaine. Une sclérodermie se déclare en 1935, entrainant une atrophie progressive de ses facultés vitales. Dès 1937, la pratique du violon lui est interdite. Le geste de l'artiste se schématise. La série Eidola, en 1940, parachève une extrême économie du tracé dans une frise de figures stylisées au crayon ou à la plume sur des formats identiques. Ce titre générique désigne l'apparition d'images idéalisées, telles qu'elles subsistent, à l'état fantomatique, après la mort. Les figures font fusionner corps et instrument, donnant à lire dans l'intimité du jeu musical une forme ultime de l'art. En ce sens, la production tardive de Klee semble renvoyer au constat que Franz Marc écrivait du front en 1915, voyant dans la peinture de son temps un «monologue, comme le sont aussi les oeuvres de Bach, dont la musique au fond n'a pas besoin d'auditeurs ». Le pathos et l'expression apparaissent entièrement résumés dans la ligne, l'expérience musicale dans une image devenue hiéroglyphe.

  • > Agrandir l'image

    1933

    Destitué de son poste par le régime nazi, Klee rejoint Berne en décembre avec sa famille.

  • > Agrandir l'image

    1937

    Atteint d'une sclérodermie, qui sera diagnostiquée post-mortem, Klee se voit interdire par son médecin la pratique du violon.

  • > Voir le diaporama

    1940

    Klee meurt à la clinique de Locarno des suites de sa maladie.

> >

Cité de la musique
221, avenue Jean Jaurès 75019 Paris
Réservation 01 44 84 44 84

  • Infos pratiques
  • Billetterie
  • Facebook Partagez !
  • Twitter Partagez !